La vie au sahara marocain

« Certes, de temps à autre quelques gamins jettent des pierres aux forces de l'ordre, mais nous ne vivons pas barricadés ici. La ville reste animée jusqu'à des heures tardives de la nuit et la vie s'écoule à un rythme beaucoup plus paisible que dans d'autres villes marocaines », affirme Mohamed Talbi, membre du Conseil Royal Consultatif pour les Affaires Sahariennes (CORCAS) et important acteur de la société civile sahraouie. Et il est vrai que hormis les véhicules tout terrain de la MINURSO estampillés UN (Nations Unies) qui sillonnent Lâayoune, rien ou presque ne trahit la particularité politique de la région. Impeccablement respecté depuis sa proclamation en 1991, le cessez-le-feu signé entre le Maroc et le Front séparatiste du Polisario n'a en effet jamais été violé. Malgré tout et depuis le mois de mai 2005, date du déclenchement de quelques heurts entre les forces de l'ordre marocaines et des jeunes Sahraouis embrigadés par des éléments séparatistes infiltrés, quelques médias nationaux et surtout étrangers donnent de cette région l'image d'une zone de conflit. La réalité est toute autre.

« Nul ne peut nier qu'il existe un noyau de séparatisme à l'intérieur même du Maroc. Mais il faut savoir qu'à l'instar du Polisario lui-même, les membres de ce noyau ne sont nullement représentatifs de la population sahraouie dans sa totalité. D'où la création d'instances comme le CORCAS qui est essentiellement destiné à créer un débat démocratique entre ces différentes parties », déclare un haut responsable sécuritaire de la région. Créé par S.M. le Roi Mohammed VI, le 26 mars 2006, le Conseil Royal Consultatif pour les Affaires Sahariennes (CORCAS) a pour mission principale d'étudier la solution de l'autonomie élargie des provinces du Sud que le Maroc compte incessamment soumettre au Conseil de Sécurité de l'ONU. Plébiscitée par une grande partie de la population de la région, ainsi que par la communauté internationale, cette solution se présente aujourd'hui comme la plus efficace et la plus équitable au problème politique du Sahara. Quant aux autres problème, notimment d'ordre économique, culturel et sociétal, le chantier reste ouvert.

Port de pêche de Lâayoune

Situé à 15 kilomètres à l'ouest de la ville, le port de pêche de Lâayoune est une véritable cité, avec ses logements, ses commerces, sa police, ses arrondissements et ses m oeurs particulières. Au milieu de la foule compacte de pêcheurs venus des quatre coins du Maroc, le Hassani des pêcheurs sahraouis se mêle à l'accent Chamali des gens du Nord et à ceux, plus abrupts, des enfants de la Chaouia, de Beni Mellal ou d'Agadir. Actif Z4/24, le port de Lâayoune est un univers à part entière. À Lâayoune, l'activité de pêche atteint son apogée entre les mois de septembre et janvier. L'espèce la plus pêchée est la sardine qui représente 80 % du tonnage. Viennent ensuite les espèces commerciales comme le poulpe, le calamar, ainsi que d'autres poissons blancs. L'activité principale de ce port est la pêche côtière avec 700 unités et 600 barques de pêche artisanale. L'ensemble de cette activité génère plus de 19 000 emplois directs et 58 000 autres indirects. Blotti dans son bureau qui surplombe la baie, Youssef Afnoun, le directeur de la division de la navigation est fier de son port: « Lâayoune est le premier port de pêche du royaume et le premier port sardinier d'Afrique. II a représenté près de 45 % du tonnage des débarquements nationaux de la pêche côtière et artisanale en 2005, soit plus de 380 000 tonnes, avec un chiffre d'affaires de près de 630 millions de DH », nous déclaret-il. Au-delà de Lâayoune, l'objectif pour les provinces du Sud est d'atteindre à terme une production de 1,7 million de tonnes et un chiffre d'affaires de 4 milliards de DH, faisant ainsi du secteur de la pêche un levier essentiel pour le développement économique et social de ces provinces.

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