De couleur ocre, d'une architecture sensiblement analogue, à la limite monotone, les ensembles de béton qui surgissent ça et là dans Lâayoune et région ne sont plus à vocation strictement sociale. En plus du relogement des populations du campement Al Wahda, un bidonville qui ceinture littéralement la ville, ces habitations abritent actuellement une population hétéroclite de plus en plus dense, issue de diverses classes sociales et de différentes régions du Maroc. Instituteurs, militaires, mineurs, pêcheurs ou simples aventuriers, ils ont afflué en masses successives, de la fin des années soixante-dix jusqu'au début des années quatre-vingt-dix, pour des raisons strictement professionnelles. Ils ont fini par s'habituer aux vastes étendues rêches du Sahara, à un point tel que la plupart s'y sont établis, fondant maisons et familles. En plus de la Fonction publique, ces gens travaillent dans divers secteurs de l'économie sahraouie, avec toutefois une nette domination pour celui de la pêche qui emploie une grande partie des habitants du Sahara. Chose somme toute logique dans cette région où la mer constitue la première source de richesse. Mais aussi prospère soit-il, le secteur de la pêche n'est pas l'unique atout de cette région.
Celui des phosphates figure également parmi les secteurs clé de l'économie sahraouie. Situé à 100 km au sud-est de la ville de Laâyoune, le gisement de phosphate de Boukraâ est exploité à ciel ouvert et fait travailler un effectif estimé à 2400 agents. En plus du phosphate, la région dispose également d'une dizaine de dépressions naturelles appelées « sabkhats ». Ces sabkhats constituent de grandes réserves de sel dont la production reste artisanale. Les principales sabkhats que compte la région: sabkhats Tazgha, Oum Dbâa, Tislatine, Tisfourine, couvrent une superficie très étendue et constituent des réserves importantes dont la principale, celle de sabkhat Tazgha (Tarfaya) est estimée à 4,5 millions de tonnes. La production de la région en sel est estimée à 20000 tonnes/an, et génère plus de 5000 emplois saisonniers. En revanche, l'agriculture, elle, fait figure de parent pauvre.
