Étant une zone aride, aux conditions climatiques rudes, limitées en eau et en terres fertiles, l'exploitation agricole dans la région de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra est difficile. Les parcelles irriguées sont destinées essentiellement à quelques cultures maraîchères et surtout à la production fourragère (luzerne). L'activité pastorale revêt en effet une grande importance pour les Sahraouis qui s'y attachent pour des raisons économiques, mais également sociales et culturelles. La région dispose d'un important cheptel camelin estimé à 91875 dromadaires et caprin d'environ 279762 chèvres qui constituent la principale source des revenus des éleveurs. Le système pastoral dans cette zone aride se base sur l'élevage de transhumance nomade. Les éleveurs, propriétaires d'un troupeau, sont dans leur grande majorité des citadins. Ils habitent dans les villes de Laâyoune et de Boujdour à partir desquelles ils organisent et contrôlent le déplacement de leurs troupeaux. Le nombre d'éleveurs dans la région est estimé à 2000, spécialisés pour la plupart dans l'élevage de dromadaires. Mais dernièrement, de nouvelles formes d'élevage ont vu le jour. Il s'agit principalement de la production avicole, l'élevage intensif de bovins et, plus exotique encore, les fermes spécialisées dans l'élevage d'autruches.
À l'intérieur du périmètre urbain, le seul pourvoyeur d'emplois reste bien entendu l'Etat qui emploie un grand nombre d'habitants du Sahara. « L'Etat a trop investi dans le maintien de l'emploi, à un point tel que l'on assiste actuellement à une asphyxie de l'administration, avec des pseudos fonctionnaires qui sont en réalité des chômeurs déguisés », assène d'emblée Hassana Maoulainine, le directeur du Centre Régional d'Investissement de Lâayoune. Et d'ajouter: « Notre premier objectif au CRI de Lâayoune, c'est l'insertion de la jeunesse sahraouie dans la vie active. Il faut aider les jeunes de la région à créer leurs propres entreprises. L'Etat providence, c'est fini! ». Selon le directeur du CRI de Lâayoune, la proximité avec les Îles Canaries constitue une niche prometteuse pour la création d'emplois dans 1e secteur des services et surtout celui du tourisme où tout reste à faire. Avec à peine 2 000 lits répartis à égalité entre 11 hôtels classés et 27 établissements non classés, la région de Lâayoune-Boujdour-Sakia El Hamra, qui regorge pourtant de potentialités, semble en effet sous-équipée pour accueillir un flux important de touristes. Ce qui est en soi dommage lorsque l'on connaît l'importance du tourisme en tant que secteur générateur de richesses et d'emplois. En attendant un très probable boom de ce secteur, une grande partie de la jeunesse sahraouie est touchée de plein fouet par le chômage qui atteint des sommets dans cette partie du Maroc, avec un taux qui avoisine 21,2 % de la population active, contre 11,9 % dans le reste du pays. Conséquence somme toute logique de cette précarité sociale, la région est en proie depuis quelque temps à des mouvements de contestation sociale, sous couvert de séparatisme. Mais là aussi, il faut se méfier des préjugés.
