Laâyoune a su répondre aux besoins primordiaux de ses habitants. La ville, fonctionnelle, abrite en son sein des Marocains de toutes origines, de Fès, Casablanca, Rabat, Agadir... sans que cet apport massif n'ait d'une quelconque façon menacé l'identité culturelle et sociale des Sahraouis. Mais il n'est pas encore dit que cette richesse sociale ait trouvé dans le mode de vie son expression entière. Laâyoune aspire à une certaine normalité. Des produits touristiques sont en train de voir le jour. Peut-être d'autres événements arriveront à faire de Laâyoune une destination non seulement pour quelques touristes épris d'aventures bien dirigées, mais aussi pour les Marocains curieux de découvrir les origines de leur dimension saharienne.
Radio arabophone, elle diffuse aussi une heure parjour en langue espagnole. Elle propose un programme de 19 heures à 1 heure du matin avec un journal quotidien où la question du Sahara est la première préoccupation. Une attention particulière est portée sur le développement socio-économique des Provinces du Sud et sur son patrimoine culturel à travers la poésie, les coutumes et la musique. Disposant d'émetteurs très puissants, la Radio Régionale de Laâyoune émet vers le Nord de la Mauritanie et le Sud de l'Algérie. Si la RRL dispose de bons moyens techniques, elle peut s'enorgueillir d'une bonne équipe de journalistes et de techniciens sous l'autorité bienveillante de Mohammed Zaza, directeur de la station.
Élu à la tête de la Wilaya de LâayouneBoujdour-Sakia El Hamra en septembre 2006, M'Hammed Dryef, le Wali de la région, se garde pour l'instant de faire des bilans. Dans sa résidence de Foum El Oued, dans la périphérie huppée de Lâayoune, il se contente de nous livrer quelques grosses lignes de sa stratégie pour la région qu'il dirige. Celle-ci peut être résumée en trois axes principaux qui sonnent comme un mot d'ordre: < L'insertion des jeunes dans la vie sociale, l'encouragement de l'initiative privée et le renforcement des infrastructures de base ». Mille kilomètres plus au nord, à Rabat, au siège (le l'Agence pour la Promotion et le Développement Economique et Social des Provinces du Sud, ce même mot d'ordre résonne avec la même force qu'à Lâayoune. Initiative Nationale pour la Promotion de l'Emploi (IPE), Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), Moukawalati, Maisons régionales et provinciales de l'initiative... sont entre autres courroies de développement, quelques-uns des programmes sur lesquels l'Agence du Sud travaille en partenariat avec divers organismes étatiques et internationaux. Objectif déclaré: ancrer les provinces marocaines du Sud dans un processus (le développement durable et irréversible, le tout dans le cadre d'un ambitieux plan quinquennal (2004-2008) doté d'une enveloppe budgétaire de 7,20 milliards (le dirhams et visant la création de 226 projets dans des domaines aussi divers que la lutte contre l'habitat insalubre, l'aménagement urbain des villes, l'assainissement et le renforcement de l'infrastructure de base. Finalement, que l'on soit à lâayoune ou à Rabat, le Sahara et ses problème restent les mêmes. Seules changent les odeurs, celle du thé sahraoui plus corsé, les couleurs, celles des dunes pendant un coucher de soleil, les tissus, ceux des melehfàtes des femmes sahraouies... Des clichés, encore et toujours!
