Rissani, berceau de la dynastie alaouite

On reprend la route. On continue de traverser des qsars, Aoufous et d'autres... Les femmes sont drapées dans leurs étoffes noires rehaussées de motifs de couleurs, parfois de pièces scintillantes. Chaque tribu a ses particularités vestimentaires et il faut un oeil averti pour en distinguer les différences. Les hommes sont vêtus de blanc. Nous passons par Erfoud en nous promettant d'y revenir en octobre lors du grand Moussem des dattes. Un village fut construit à l'époque du Protectorat pour servir de centre militaire et administratif. Aujourd'hui, c'est une petite ville avec, à quinze kilomètres au sud-est, les carrières de Goniatite, un marbre noir constellé de fossiles.

Rissani, écrasée de soleil, où la terre et les vestiges se confondent en une couleur sable, abrite la cité historique de Sijilmassa. Elle est la ville des origines de la dynastie alaouite qui arrive plusieurs siècles auparavant dans un pays en proie aux luttes tribales et où « les particularismes et l'esprit régionaliste triomphent - les villes mômes sont divisées ». Histoire du Maroc: « le désordre des villes n'est que le reflet de l'anarchie des campagnes ». Les Alaouites arrivent au xiir siècle, porteurs d'un grand nom. Membres de la descendance du Prophète, ilsjouissent de la considération des tribus. « La fortune politique des Alaouites ne peut être comprise sans la base de départ du Tafilalet ». Le qsar fut construit au xvir siècle par Moulay Ismaïl pour servir de résidence à ses fils. Le Mausolée de Moulay Ali Chérif, père de Moulay el-Rachid et fondateur de la dynastie des Alaouites, est le principal pôle religieux de la région. On y vient de partout se recueillir dans le silence et la sérénité des lieux. Le Mausolée a été reconstruit en 1955 après avoir été détruit par une crue du Ziz. Aujourd'hui, la composition est un ensemble dejardins et de salles avec un minaret. Le décor est de style urbain, travail du bois peint et du stuc, dune belle sobriété et délicat raffinement. Un peu plus loin, les wines de Sijilmassa, la première cité musulmane d'Afrique du Nord, la prestigieuse capitale du Tafilalet fondée vers 757. Les écrits de Léon L'Africain l'évoquent comme un ensemble de maisons entourées de jardins et de vergers, de mosquées et de médersas de renommée... Sijilmassa fut une étape incontournable pour les caravaniers. Elle vivait de l'or, du sel et des esclaves. Elle disparut en 1818, détruite lors d'une guerre locale par les Berbères Alt Atta. Au nord-est de la ville, à moins de 4 km, le qsar El Fida, le plus important et le plus ancien des qsours alaouites du Tafilalet, a été restauré et sert de musée régional où d'intéressantes collections de pièces des patrimoines du Tafilalet et des Touaregs sont exposées. Notons aussi une remarquable collection d'objets du patrimoine juif marocain. Le tout exposé dans un bel espace et gardé par Haj Benchekroun et sa famille.

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