La présence juive

Salomon Ben Dahan fait partie, avec Rachel, des cent juifs restants à Tanger. Une présence, une langue, une culture seraient-elles en train de disparaître? Ce sont des photos de la synagogue Nahon de Tanger qui nous ont poussé à rechercher des membres de cette communauté qui prit son essor en 1772, quand les représentations diplomatiques de l'empire furent transférées de Tétouan à Tanger. Les juifs mettront leurs talents d'intermédiaires au service des consulats et des légations. Salomon se souvient de la période faste du Tanger zone internationale. Ils étaient alors 17000 juifs sur les 130000 habitants de Tanger. Il existait alors 70 banques à Tanger. Les juifs y travaillaient. Ils occupaient toutes les fonctions. Mais la communauté se composait aussi d'artisans, de bijoutiers, de matelassiers, de petits commerçants, de changeurs, de courtiers... Salomon était agent Ford pour toute la région nord espagnole.

Parallèlement, il s'occupait d'oeuvres de bienfaisance. Il fut vice-président de la Communauté israélite de Tanger pendant quarante ans. Il tient à rappeler qu'il n'existait pas de mellah à Tanger et qu'il y vivait une aristocratie juive. Les maisons juives, dont beaucoup ont disparu, n'étaient pas consignées dans un quartier. S'il existait effectivement une classe de familles très riches engagées dans la banque, le commerce et la diplomatie, il y avait aussi une classe moyenne et beaucoup de pauvres. La communauté fondait alors des associations de bienfaisance qui prenaient en charge la distribution de la nourriture, l'école, les crèches, des ateliers de couture, des ateliers de formation... Elle fit construire l'asile hôpital Benchimol.

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