L'industrie touristique est apparue comme une activité apte à promouvoir l'emploi d'une main d'œuvre abondante et peu ou moyennement qualifiée. Ainsi, le nombre d'emplois directs fournis par le tourisme est évalué approximativement à 25.000 emplois permanents, dans le secteur de l'hébergement, et 75.000 dans le reste des activités touristiques, soit au total 100.000 emplois.
En plus de ces emplois directs, la demande du tourisme international a engendré de nombreux emplois indirects, estimés à 120.000, dans les autres secteurs de l'activité économique du pays.
Le coût moyen de création d'un emploi direct et indirect dans le secteur touristique est estimé à 25.000 dirhams environ. Si le tourisme peut absorber une main d'œuvre abondante et peu rémunérée, les emplois sont, dans la plupart des cas, soit saisonniers dans les secteurs liés à l'hébergement et à la demande touristique, soit limités dans le temps, notamment dans la construction hôtelière et la réalisation de l'infrastructure.
Enfin sur le plan des revenus, l'apport reste modeste: la valeur ajoutée par emploi étant faible du fait que les activités concernées (artisanat, agriculture, services...) sont généralement à productivité limitée.
L'industrie touristique constitue par ailleurs une source appréciable d'approvisionnement en devises, participant directement à l'équilibre de la balance des paiements. Pour 1985, elle arrive en deuxième position après les transferts de fonds des Marocains travaillant à l'étranger et avant les recettes tirées de la vente des phosphates.
 Entre 1970 et 1985, le montant des recettes touristiques a été multiplié par presque 20, passant de 314,5 millions de dirhams à 6.200 millions. A la suite d'une période d'augmentation relativement rapide, les recettes touristiques ont dépassé pour la première fois le milliard de dirhams en 1977. A partir du début des années quatre-vingts, le taux d'accroissement moyen s'est fixé autour de 60%.
Cette évolution rapide est devenue une donnée importante résultant de la convergence de plusieurs facteurs:
• accroissement du flux touristique, dont le taux moyen s'est établi à 8% entre 1980 et 1985;
• augmentation de la part des touristes dits de "haute gamme";
• développement et adaptation de l'infrastructure d'accueil;
• amélioration des moyens de transports, aériens, maritimes et terrestres;
• libéralisation des prix des prestations hôtelières.
Cependant, plusieurs facteurs négatifs exercent un effet inverse en creusant l'écart entre les recettes effectivement comptabilisées par l'Office des changes et les recettes estimées. On relève notamment parmi eux les opérations de change réalisées par des agents non agréés et la marge commerciale conservée par certains professionnels du tourisme à l'étranger.
Malgré les efforts importants qui ont été accomplis dans la voie de la promotion du tourisme, il faut remarquer que cette industrie reste très sensible à l'environnement économique et politique international; à titre d'exemple, les répercussions de la crise énergétique des années soixante dix ont été d'autant plus ressenties par le Maroc que près de 50% des visiteurs empruntaient la voie aérienne; en outre, il faut compter avec la concurrence que livrent les pays ayant une tradition touristique bien établie (Espagne, Italie, Grèce...) ainsi qu'avec l'ouverture de nouvelles régions au tourisme international (Asie), encore que sur ce point particulier, les baisses successives du dirham puissent avoir un effet incitatif sur le tourisme étranger.
Enfin, au regard des résultats acquis, il apparaît que les potentialités de ce secteur sont loin d'être totalement utilisées. C'est dans ce sens que la récente politique touristique mise sur pied, ouvre de nouvelles perspectives.
