Les potentialités dont dispose le Maroc dans ce domaine (diversité des climats, position géographique, patrimoines artistique et culturel...) et les incidences économiques possibles, ajoutées à l'exemple encourageant donné par plusieurs pays du bassin méditerranéen, et particulièrement par l'Espagne, ont incité à développer une politique touristique dynamique, mise sur pied et menée par l'Etat, et qui s'est fixée deux objectifs principaux: l'aménagement de zones touristiques et l'incitation aux investissements.
L'effort d'aménagement a été concentré dans les régions à vocation touristique certaine où les potentialités étaient plus conformes à la demande internationale. C'est dans ce cadre que furent créées les "zones d'aménagement prioritaires" à Tanger, Al Hoceima, Restinga et Agadir.
Au plan de l'hébergement, l'évolution du secteur touristique vers le tourisme moyen a conduit à intervenir par le biais d'organismes tel que l'Office national marocain du tourisme (ONMT), notamment dans les régions sous équipées ou déshéritées (Grand Sud).
L'intervention de l'Etat en ce domaine, guidée par un souci de rééquilibrage structurel des moyens d'hébergement, avait un caractère démonstratif: exercer un effet d'attraction sur les promoteurs privés et un effet modérateur sur les prix des services hôteliers.
L'effort entrepris par l'Etat en matière de création des infrastructures d'accueil a été renforcé par une politique d'incitation à l'investissement touristique qui s'est notamment traduite par un code d'investissement spécifique, institué en 1973 et modifié en 1983.
Elaboré sur la base d'une étroite concertation avec les professionnels du tourisme, le texte de 1983 se veut un cadre approprié au développement du secteur (assouplissement de la procédure d'examen des projets touristiques, renforcement de l'initiative privée, etc.). L'Etat continue à investir en matière d'aménagement, de formation et de promotion, mais n'intervient plus directement dans l'édification d'établissements touristiques et met tout en oeuvre pour faciliter les initiatives du secteur privé.
Entre 1970 et 1985, le nombre de touristes étrangers au Maroc a plus que doublé, passant de 701.000 à 1,5 million, soit un taux d'accroissement moyen annuel de presque 8%.
Durant les années soixante dix, la progression avait pourtant été relativement lente, avec un taux moyen inférieur à 6%. En 1973, cependant, le nombre de visiteurs atteignit 1.225.000; le tourisme devait s'engager par la suite dans une longue période de stagnation, à l'exception toutefois d'une reprise éphémère constatée en 1977.
Ce plafonnement du flux touristique ne peut s'expliquer uniquement par la persistance de la crise économique mondiale. La structure de l'hébergement, qui privilégiait les établissements de luxe, les carences des moyens d'animation et de l'action promotionnelle n'étaient pas étrangères à cette situation. Par ailleurs, la prospection de nouveaux marchés n'avait pas enregistré de progrès significatifs, en dépit d'une évolution favorable sur le marché des pays arabes et sur le marché japonais.
La structure du flux touristique demeurait marquée par la prépondérance de l'Europe occidentale, qui représente encore à l'heure actuelle plus de 70% du nombre total des touristes. A partir du début des années quatre-vingts, de nouvelles orientations furent définies visant à assainir l'exploitation du secteur en vue de multiplier ses effets induits à promouvoir la demande touristique et à adapter la capacité d'accueil du pays.
Dans cette optique, il a été décidé de rentabiliser les investissements existants (diversification du produit touristique, amélioration des structures d'accueil) et de créer de nouveaux pôles de développement touristique (renforcement de la zone balnéaire sud par la création d'équipements dans les provinces de Guelmim et de Dakhla, consolidation de la capacité d'accueil dans les circuits des villes impériales, renforcement du tourisme d'affaires à Casablanca, etc.).
C'est ainsi que les pouvoirs publics ont opté pour la privatisation de la gérance du patrimoine étatique. Une telle orientation a été mise en application au niveau de la chaîne des hôtels réalisés par l'ONMT, confiés en gérance libre à des professionnels du tourisme, moyennant une redevance locative fixée dans le cadre d'un contrat pour toute la durée du bail.
Aujourd'hui, le Maroc enregistre près de 10 millions de visiteurs par an.
