Tournée à la ville de Marrakech

Je ne vous cache pas que c'est avec amour que je vous parle de Marrakech, car j'ai passé dans cette ville merveilleuse toute ma jeunesse.
Georges Duhamel a dit: «Marrakech, c'est la capitale de la lumière». De Marrakech , le Maréchal Lyautey a dit: «  Je ne demande que la lumière et la couleur; elles me grisent, elles me saoulent. J'en jouis sensuellement comme d'un parfum, comme d'une caresse.»
Pierre Balmain a choisi comme résidence secondaire Marrakech Médina. «Pourquoi ai je choisi Marrakech ?» a t-il répondu à un journaliste «C'est une histoire d'amour entre elle et moi».
Yves Saint Laurent, Polnaref et tant d'autres ont choisi ma ville que j'aime ... Oui, je suis Marrakchia, Fès surprend dans son vallon humide, Rabat se laisse admirer au bord de sa rivière; Marrakech fascine. Ce n'est plus le Nord et pas encore le Sud, mais ce sont déjà les larges espaces, les lumières chaudes du soir; l'eau est présente encore, venue de la montagne ou amenée au pied des palmiers par l'ingéniosité humaine; mais c'est déjà aussi la sécheresse, la chaleur du Sud, l'ocre des ksours et des villages fortifiés.
Ville à la mode où l'on vient de Paris pour y décerner un prix littéraire, pour y réaliser une présentation de haute couture, pour tourner quelques scènes exotiques et mystérieuses, pour quelque «Réveillon Surprise», ville des vedettes et artistes, ville des charters et des clubs ... Sans doute, Marrakech est ce tout cela. Mais il faut dépasser cette Marrakech; même si pour rêver un peu plus, il est bon de s'approvisionner d'images orientales, d'affiches et de poésie, une autre Marrakech reste à découvrir : celle de l'histoire accrochée depuis sa naissance au flanc de l'Atlas et au débouché des caravanes sahariennes, «messagère et fille du désert», ancienne capitale d'un Empire qui recouvrit le Maghreb et l'Espagne, de l'Atlantique au rivage des Syrtes, du Soudan au Guadalquivir, et dont porte témoignage la grandeur architecturale de sa «Koutoubia», la Marrakech de ses souks, de ses marchands et artisans, une ville de plus de 500.000 habitants confrontés à leurs problèmes et qu'il faut savoir apprendre à voir, à regarder dans ses gestes quotidiens au fond des échoppes ou des cours secrètes.
Alors si vous errez au hasard des ruelles et des souks, l'esprit dégagé d’orientalisme de bazar et de «turqueries» imaginaires forgés par poètes et romanciers, Marrakech sera pour vous une halte bienfaisante, une occasion de découvertes multiples : vous serez le vrai voyageur.

Monuments de Marrakech à visiter

Il existe en ville plusieurs fontaines monumentales et des abreuvoirs, Fontaine Sidi Hassan Ou Ah, Fontaine «Chrob ou Chouf» (bois et admire) puis successivement, on pourra voir sans y pénétrer, les Zaouias de Sidi Ben Slimane El Jazouli, Sidi Abdelaziz, Caïd Ayad, Sidi El Ghezouani et Sidi EsSoheyli. Au nord de la zone des souks couverts, des sites exquis à visiter; la médersa Ben Youssef, la mosquée Ben Youssef.
En quittant le souk, passez au quartier de Riad Ez Zitoune El Kédim et de Riad Es Zitoune Jdid, on trouvera le Palais de la Bahia. Ce palais date du XIVème siècle, de même qu'une autre demeure nobiliaire que l'on visite dans le même quartier Dar Si Said, aménagée en Musée de l'art marocain. Pour le Palais de la Bahia, on a l'impression que d'abord furent tracés les jardins et les patios, puis autour des espaces vides ainsi délimités, construites des pièces d'habitation que relièrent entre elles, des couloirs en chicane d'une longueur interminable.
Malgré leur manque de cohésion, les patios avec leurs vasques et leurs jets d'eau, les petits jardins, où croissent toutes les fleurs, la cour d'honneur dallée de marbre sur laquelle s'ouvrent des pièces dont les plafonds et les portes sont richement décorés, donnent à l'ensemble une allure de Palais. La Bahia avait été choisie comme lieu de séjour lors de ses voyages à Marrakech par le maréchal Lyautey.
Après la visite de la Bahia, suivez la rue Riad Zitoun el Jedid. Au delà d'une placette ombragée, à gauche, où vous pourrez garer votre voiture, continuez tout droit dans la même rue, désormais très étroite et couverte d'un treillis de bambous. Aussitôt après une petite mosquée dont le minaret s'élève à gauche, engagez vous dans un passage voûté à droite, 100 m plus loin tournez à droite dans la rue Derb Si Said puis, au bout de cette dernière, à gauche.
Dar Si Said, aménagé en Musée de l'art marocain, n'est pas loin du palais de la Bahia; les Maalems (patrons) sont là ils apprennent leur métier à des jeunes qui, à leur tour, s'installeront dans les souks pour y continuer la tradition artisanale marocaine.
Vous les verrez sculpter le cèdre, exciser les cuirs, ciseler les bijoux d'or ou d'argent, les plateaux et les amphores de cuivre, tisser la laine ou la soie pour en faire tapis et étoffes.
Visitez également le premier étage, pour la beauté des plafonds. Ce style, vous le retrouverez dans la plupart des maisons.
Parmi les collections qu'abrite le musée, il faut surtout citer celles de tapis (Chichaoua, Ouzguita), de poteries (Safi, Amizmiz, El Kelaa), d'armes et de bijoux (Sous), cuirs ouvragés (Marrakech et confins sahariens), ébénisterie (Essaouira), des marbres, plâtres et bois sculptés et peints, une remarquable collection de boiseries saadiennes, etc. A l'étage, un salon de réception et la chambre de l'épouse favorite sont ornés de tapis de Rabat et d'étoffes variées.
Demandez à votre guide de vous faire visiter Eddhaïbiah, les bijoutiers juifs; vous aurez peut être la chance de trouver un bijou ancien.
En quittant les bijoutiers, à gauche, visiter également des boutiques où vous trouverez des plateaux et des chandeliers, ces derniers à huit branches font un mètre de haut.
Revenons sur nos pas, laissons la voiture bien gardée et louons une voiture calèche, en arabe «El Goutchi». Le conducteur par son amabilité et sa gentillesse, fera de son mieux pour vous servir en même temps de guide.

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