Marrakech : Ville des riads et des palais

Dès sa naissance, Marrakech a présenté un lieu idéal de «marché» rural, de souk, qui permettait aux montagnards de venir se ravitailler dans la plaine; or, il faut savoir qu'au Maghreb, l'un des plus vieux principes de la conquête pacifique est la notion de protection étendue au commerce; les marchés, souvent placés sous l'égide d'un personnage religieux ou politique (c'est parfois la même chose) chargé d'en assurer la sécurité, constituent alors une sorte de terrain neutre où des adversaires, voire des ennemis, peuvent se rencontrer sans être tenus de se combattre.
L'origine du nom de Marrakech? Là encore, les savants sont en désaccord ; selon les uns et c'est l'hypothèse la plus communément acceptée, il s'agirait d'un lieu dit très ancien dérivé d'un dialecte berbère local et qui pourrait signifier «fils de Kouch» ou «pays des fils de Kouch» ; on ne peut s'empêcher de faire de troublants rapprochements avec le nom biblique de Kousch, fils de Cham et ancêtre des peuples kouschites qui auraient habité la haute Egypte, l'Ethiopie de l'Arabie.
Selon d'autres savants, le nom de Marrakech viendrait d'une expression de la langue masmouda qui aurait signifié «va t en vite», le lieu où s'élève actuellement la ville étant alors réputé pour être celui d'embuscades tendues par des brigands.
Les temps ont bien changé car, de nos jours, Marrakech est un lieu où il fait bon demeurer et où l'on aime revenir.
Quelle que soit l'origine exacte du nom de la ville, le vocable ne tarda pas à désigner l'ensemble du Royaume lui même sous la forme française moderne que nous lui connaissons: Maroc; en anglais Morocco, en allemand Morroko, en italien Marocco, en espagnol Marruecos, tous ces noms ayant «transité» par le latin moyenageux «Marroch»; dès la fin du XIIIème siècle, le pape Innocent il envoyait une lettre au «rex Marochetanus». Marrakech fut, au temps des Almoravides (Xlème siècle), la capitale d'un immense empire couvrant presque tout le maghreb et une grande partie de l'Espagne.
La ville devait largement bénéficier de ces conquêtes, notamment de celle de l'Andalousie car le haut niveau de civilisation de cette province influa très rapidement sur la vie marrakchie, ce qui valut, pendant deux siècles, une gloire peu commune à la ville surgie du néant.

Publicité sur le Maroc par Google

Visite de la ville de Marrakech

Je vous conseille de disposer de quelques jours afin de découvrir la vraie Marrakech et surtout, dans un rayon de 100 km, vous conclurez par une vision régionale: Ourika, Oukaïmeden   Demnate   Asni et Amizmiz.
Pour bien visiter Marrakech, vous pouvez demander les services d'un guide officiel au Syndicat d'initiatives, sur la place Djemaa El Fna. En guise d'entrée, nous commençons donc par la mosquée de la Koutoubia. Pourquoi?
Parce que c'est la tour qui retiendra le plus votre attention, pour la simple raison que de quelque côté que l'on vienne, on l'aperçoit. Le matin lorsqu'elle fait corps avec le porche de la mosquée ouvert vers l'est, dans l'éclaboussement de la lumière de midi lorsqu'elle n'est plus qu'une silhouette que l'on ne peut fixer longtemps sans être ébloui, dans la blondeur du soir lorsqu'elle prolonge, justifie et affine la perspective des cyprès qui se tendent vers les voûtes et les entrelacs de pierre rose qui l'habillèrent, sous le feu des projecteurs, enfin.
Et puis vous la reconnaîtrez, spontanément de loin, parmi les autres minarets qui se haussent pardessus les remparts et les jardins. Elle se dresse comme un signal lorsqu'on se croit perdu au fond de la médina. Elle ordonne la perspective dès boulevards de la ville moderne.
Alors, il advient bien vite qu'elle vous attire, vous retienne, vous captive. On ne se lasse plus de la regarder. On fait un détour pour venir revoir un détail. On se plaît à évaluer ses justes proportions, à apprécier le rythme des pleins et des vides. L'œil s'accroche à cette pierre rugueuse et l'esprit chante à la lecture de l'ornementation qui est pure expression géométrique. On la trouve chaque fois nouvelle et différente, mais toujours parfaite.
Elle élève, à 77 mètres au dessus des maisons de pisé, les trois boules de cuivre qui ornent son lanternon. Ces boules ont un diamètre respectif de 2 mètres, 1 mètre, 0m50. Tirant son nom (Mosquée des libraires) d'une rue voisine où l'on vendait livres et manuscrits, c'est l'œuvre des souverains almohades au milieu du XIIème siècle. Elle paraît construite de pierres roses.
La Koutoubia date de la même époque que la Giralda de Séville et la Tour Hassan à Rabat; 17 nefs et 7 travées partagent la mosquée actuelle, nef axiale et travée de Qibla étant plus larges et formant le plan en T adopté par les architectes de l'époque.
L'oratoire de la Koutoubia a été édifié par Abdel Moumen, rien de lourd ou de prétentieux, tout est étudié jusqu'aux plus infimes détails. Abdel Moumen aimait la beauté. Il sut s'entourer d'artistes qui, avec une rare habileté concilièrent la grandeur, la simplicité de l'ornementation et l'harmonie des proportions. La salle des prières notamment dans sa dernière travée, est une réussite encore plus éclatante, des chapiteaux ornés de palmes et réunis par des arcs enrichis de sculptures, supportent de merveilleuses coupoles à stalactites qui font comprendre que le X IIème siècle fut celui de l'apogée de l'art hispano-mauresque.
Vous serez frappé par son élégance, par la force qui s'en dégage, des couleurs dont les ans l'ont parée, de la chaude lumière qui illumine les blocs de grès rose ; la Koutoubia c'est le gardien de Marrakech.