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Interview de Sébastien Mas


Sebastien Mas

Aujourd’hui, je vous propose l’interview de l’entrepreneur Sébastien Mas. J’ai rencontré Sébastien en participant à un after work sur entrepreneuriat à Montpellier il y a quelques semaines. Il a accepté de répondre à mes questions et de retracé son parcours.

Philippe : Bonjour Sébastien, pouvez-vous présenter aux lecteurs de 7-Dragrons votre parcours et votre entreprise ?

Sébastien : Jeune quadra, j’ai lancé mon agence Dolikom après un long cursus dans l’univers de l’informatique et de celui du marketing direct. C’est aussi en passant par l’architecture des entreprises que je me suis forgé un lourd bagage technique qui me permet aujourd’hui d’analyser rapidement les besoins des clients. Mon esprit tatillon me pousse toujours à la recherche de ce qui est « encore mieux », même si cela n’est pas toujours nécessaire. Les besoins en communication et en marketing, dans l’univers viticole me sont apparus comme une opportunité d’accompagner des gens passionnés. Ces derniers travaillent avec le cœur et passion, en repoussant leurs limites…c’est aussi comme cela que je fonctionne. Lorsqu’on se lance seul dans une aventure, c’est cette force qui nous permet de croire dans nos capacités et nos produits.

Par Dolikom, j’essaye donc de positionner une agence à taille humaine comme couteau suisse dans l’univers du vin, en intervenant de la vigne au verre. D’autres consultants font partie de l’aventure.

  • Transformation d’une idée en Plan de communication.
  • Analyse des coûts de matières sèches pour l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement vin et spiritueux (avec Bruno Gomet, expert et consultant en Supply Chain)
  • Intégration d’un outil de CRM/ERP auprès des acteurs du métier du vin, DoliVITI
  • Communication avec la création d’étiquettes, contre-étiquettes, fiches produits, plaquettes, flyers, affiches, stands salon (avec Alice Pierrugues)
  • Agence Web pour vos sites vitrine et marchand mais aussi le E-marketing (emailing pour aider à la distribution et aide à l’export, blogging,…)
  • Développement spécifique et audit technique des outils.

Philippe : Qu’est-ce qui vous a décidé à entreprendre ?

Sébastien : 3 mots : Ethique / Relationnel / Liberté

Avant de parler d’Ethique, j’avais un réel besoin d’aller jusqu’au bout des choses et ne de pas être bridé par des contraintes hiérarchiques souvent guidées par la rentabilité. Lors d’expériences précédentes, j’ai donc côtoyé l’univers du marketing à outrance où le produit n’était finalement qu’une story. Je ne me reconnaissais plus dans le travail demandé. J’ai alors quitté cette voie afin d’aider ceux qui avaient vraiment des choses à dire ou à faire et qui avaient besoin de quelqu’un qui véhicule les mêmes valeurs qu’eux… à échelle humaine, avec envie et passion.

Philippe : Pourquoi ce secteur d’activité ?

Sébastien : Étant ingénieur informatique et spécialiste des bases de données, je me suis lancé tout naturellement dans le Consulting Web E-commerce pour la gestion de la DATA et dans la mise en place d’outils CRM afin d’aider mes clients à mieux aborder l’ère du numérique. Prévoir une organisation interne adaptée à l’évolution rapide d’une société est complexe.

La technique étant en perpétuelle évolution, je m’attache à rester à l’affût de ses nouveautés. J’avais déjà fait ce choix avec mon ancienne Agence pour rapidement mettre en place la première « Réalité augmentée » dans l’univers du Vin.

Philippe : Quels ont été les plus grandes difficultés que vous avez rencontrés lors de la création de votre entreprise ?

Sébastien : Il m’a fallu m’adapter à un nouveau mode de fonctionnement : c’est-à-dire être seul à gérer l’entreprise, faire le travail, et les choix. Finalement le démarrage est simple s’il est bien préparé en amont et le passage par le statu d’auto-entrepreneur a été une très bonne chose pour tester la viabilité grandeur nature tout en restant salarié. Les difficultés résident dans l’organisation du temps, la gestion des tâches et des priorités. Après 2 ans d’exercice, j’ai décidé de prendre mon envol et de créer une EIRL.

Après le premier bilan, il m’a fallu rester vigilant et j’ai dû réorganiser certaines activités chronophages pour mieux me concentrer sur les valeurs ajoutées.

Philippe : Qu’est ce qui a principalement fait la réussite de cette aventure ?

Sébastien : Un produit, qui est aujourd’hui au cœur de DoliKOM, avec l’intégration d’un flux métier dans le  CRM-ERP Dolibarr  (open source). L’idée était de transformer cet « outil généraliste » en un « outil métier » précisément adapté aux usages des vignerons / viticulteurs / coopérateurs et négociants. Construire un système sur mesure intégrant toute la chaine technique liée à ce métier. Cette interface permet de regrouper les informations concernant la fabrication et la logistique avec la GPAO, la traçabilité, ainsi que les achats sans oublier la partie CRM pour la vente et l’ERP pour le côté financier. Les produits de cet univers ont généralement un ticket d’entrée à 4 zéros et les entreprises doivent s’y adapter. Avec DoliVITI, une base est commune puis des modules crées sur mesure permettent de répondre précisément aux attentes des clients. Une idée ou besoin d’un client peut alors permettre de faire évoluer cet outil en créant de nouvelles fonctionnalités sur la future base commune.

La partie Web et Ecommerce vin reste aussi une grosse activité de l’agence, et j’ai envie de dire merci à PrestaShop et WordPress d’exister !

Philippe : Quels ont été les leviers marketing qui ont permis de faire connaitre votre activité ?

Sébastien : La satisfaction client reste ma priorité c’est pourquoi je suis très disponible et réactif. Les clients sont sensibles à ce côté de ma personnalité, et n’hésitent pas à me recommander. L’univers du vin qui représente 80% de mon activité métier est aussi très petit et je constate que le bouche à oreille fonctionne très bien. Le carnet de commande est très bien rempli, j’en viens à négliger mon propre site web… peut-être une erreur à éviter !

Dolikom

Philippe : Est-ce que DoliKOM est votre première expérience ?

Sébastien : DoliKOM est le fruit de 7 à 8 ans de remise en question à chercher le fameux business automatique dont on rêve tous, le fruit d’années passées en agence Web en tant que webmaster puis Directeur. Travailler à fond pour des mentors qui ne seront finalement jamais reconnaissants de mon investissement personnel (tant au niveau humain qu’au niveau salaire). J’avais besoin de fabriquer, de créer et de maîtriser la suite de mon travail. Ce fut alors le bon moment pour passer à autre chose…

Philippe : Peut-on apprendre de ses échecs ?

Sébastien : Heureusement qu’on apprend de ses erreurs mais parfois il faut les faire plusieurs fois !! Le plus gros défaut de ma génération d’informaticiens est d’être 90% technique et 10% commercial. Je dois donc faire des efforts pour facturer au juste prix… je suis un très bon vendeur en présentant les arguments techniques et stratégiques de mon travail. En revanche je devrais peut-être m’entourer d’un associé qui gèrerait le côté commercial de mon activité. DoliKOM ne produira pas plus qu’aujourd’hui, car ma priorité est la qualité du service de conseil et la technique utilisée.

Philippe : S’il était possible de revenir en arrière et de changer quelque chose, cela serait quoi ?

Sébastien : Trouver un bon associé pour ne pas me lancer seul dans l’aventure aurait été quelque chose de probablement positif. On parle souvent de la solitude du freelance, mais l’entrepreneur se retrouve finalement bien seul aussi. Heureusement, je peux compter sur ma plus belle associée qui m’accompagne chaque jour, entrepreneur elle aussi mais dans un secteur plus artistique.

Philippe : Quels seraient vos 3 conseils à donner à un jeune entrepreneur ?

Sébastien : « Crois en toi », « Crois en ton projet », « Ne renie pas tes valeurs » !

Essaye de grandir en t’entourant de personnes avec qui tu pourras partager, échanger. Celles-ci grandiront aussi à ton contact.

Je travaille sur un projet de Co-Working dans de futurs Bureaux actuellement en travaux sur la commune de Quarante, un petit village au cœur du vignoble. Je souhaite en profiter pour mutualiser les compétences. Plusieurs cerveaux ne s’additionnent pas mais se multiplient.

L’échange est donc primordial pour grandir et cette économie de la connaissance est sans fin. Il faut donc partager pour avancer, corriger et repartager…sans cesse.

Sur ce principe, certaines associations d’entrepreneurs, avaient mis en place des sessions annuelles pour collaborer sur des projets non-concurrentiels (tous les participants étant de métiers ou d’activités différentes). L’idée est excellente mais attention que ce cercle reste vertueux et non virtuel.

Philippe : Merci beaucoup Sébastien pour cette interview ! Au plaisir de se recroiser sur un after work sur Montpellier.

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