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Tout savoir sur la récession et ses conséquences

Par Philippe , le 12 avril 2022 - 11 minutes de lecture
Tout savoir sur la récession et ses conséquences

L’activité économique d’un pays est toujours marquée par des fluctuations plus ou moins ou prononcées. Il s’agit de la phase de croissance, d’expansion, de récession, de dépression ou de reprise. La récession correspond à un phénomène normal du cycle économique qui est un phénomène de régression ou de ralentissement économique, assimilable à la chute du PIB ou du Produit intérieur brute. En effet, le PIB est un indicateur qui admet l’ensemble des richesses produites par un pays en une année.

Contrairement à l’expansion qui indique une phase ascendante des fluctuations, la récession constitue une baisse significative de l’activité économique sur une période de 6 mois ou plus et affecte en parallèle le PIB, la production industrielle, l’emploi, les revenus, le commerce de gros et de détail. Voici ce qu’il y a à savoir sur la récession et ses conséquences.

La période de récession : qu’est-ce que c’est ?

Concrètement, il est question de croissance lorsque l’activité économique progresse. Cela se traduit notamment par l’augmentation du PIB. En effet, le produit d’intérieur brut mesure la richesse générée par l’économie d’un pays. Généralement, cette croissance économique s’accompagne d’investissement des entreprises, une consommation dynamique des ménages, la création d’emploi, etc. Entre autres, il s’agit d’une hausse générale des prix.

Il est dit qu’un pays va de la croissance à la phase de récession lorsqu’elle passe le pic de la croissance qui est mis en avant par la hausse du taux de chômage, la baisse des investissements, de la consommation, mais notamment de la chute du PIB sur une période d’au moins 6 mois. La récession correspond alors à une période de contraction économique.

De manière simple, si cette période de contraction économique correspondant au recul du PIB du pays se prolonge sur plus de 6 mois, il s’agit alors d’une récession. La récession peut alors se définir comme le recul de l’activité économique sur deux trimestres de suite ou plus.

Selon une étude réalisée par le Bureau national de recherche économique, les récessions durent en moyenne 11 mois depuis 1945 et la plus longue période de contraction économique a atteint les 58 mois.

La récession diffère de la dépression qui est une forme grave de crise économique. La confusion des deux notions est compréhensible par le fait où la dépression est plus ou moins une récession aggravée à la différence qu’elle est durable. Le terme dépression est évoqué lorsque l’activité économique baisse d’une manière très significative, et que s’enclenche et s’enchaîne plusieurs évènements négatifs et perdurent (baisse des prix, chute de la consommation, arrêt de la production, hausse des faillites et du chômage).

Quel déroulement pour la récession ?

Si l’INSEE définit la récession comme la chute du PIB d’un pays au cours de deux trimestres d’affilés, plusieurs cas sont envisageables et conditionnent l’apparition d’une récession économique. Bien qu’elle reste imprévisible, la récession fait partie du cycle économique normal. Elle peut se limiter à certains secteurs comme elle peut impacter l’économie tout entière. En effet, la régression ou le ralentissement économique d’un secteur peut par effet domino entrainer l’effondrement de certains secteurs rattachés.

Un spiral d’évènement peut survenir en passant par la hausse du chômage, vers la perte des revenus des ménages pour finir par la diminution de la consommation. La période des récessions entraine également, pour le cas des entreprises, la diminution de la production et de l’investissement. De ce fait, les entreprises font face à une dose plus ou moins élevée du ralentissement de leur croissance ce qui favorise ainsi le recul économique et touche plus d’un secteur.

Si la récession affecte l’économie réelle, elle dispose également de la faculté à ralentir l’économie virtuelle qui a des impacts sur le repli du Produit intérieur brut. Les agents économiques sont nombreux à investir dans le trading, les cryptomonnaies et le marché financier pour diversifier leur placement.

À quel moment la récession se produit-elle et pourquoi ?

La principale cause de la récession porte sur la paralyse généralisée de l’économie actuelle diffusée par l’ensemble des agents économiques dont les ménages, le gouvernement, les entreprises. Les ménages vont réduire leur consommation et les entreprises leur production et investissement. En ce sens, le ralentissement ou la régression économique peut prendre racine dans n’importe quel secteur et se répandre sur l’ensemble de l’économie par effet domino.

Il peut s’agir d’une bulle immobilière qui va paralyser les banques qui à leur tour auront des difficultés à desservir leur offre aux entreprises et particuliers. Certainement, ces derniers auront du mal à s’acquitter de leurs obligations financières tel que le remboursement crédit sur leur maison et par conséquent, il naitra une crise plus étendue.

Les facteurs clés donnant lieu à la récession sont ceux qui agissent directement sur le PIB d’un pays. À savoir :

  • Le chômage généralisé. Si certaines entreprises optent pour l’arrêt des démarches de recrutement, d’autres peuvent procéder à un licenciement de masse ;
  • La baisse de la consommation des biens, achetés en gros ou détails par les entreprises et les particuliers ;
  • Les bulles immobilières et financières ;
  • La chute des cours sur le marché boursier ;
  • Le surendettement des ménages et des sociétés ;
  • L’inflation des taux d’intérêt ;
  • La hausse excessive et durable des prix ;
  • Etc.

Quels sont les contrecoups de la récession sur l’économie ?

Généralement, les récessions s’étendent sur une durée limitée. La période de récession renvoie une régression ou un ralentissement de l’activité économique, mais peut avoir des effets vastes et durables. Les conséquences de la récession peuvent concerner plusieurs aspects de l’économie réelle.

Les conséquences de la récession sur les entreprises

Ce phénomène normal du cycle économique affecte notamment les entreprises. Si les grandes structures parviennent à s’adapter au rythme de la crise en réduisant certains de leurs coûts dans la chaine de production, les PME, start-ups et entreprises naissantes n’ont pas cette chance et sont rapidement sujets à la faillite ou la liquidation de leur activité. En d’autres termes, la situation précaire des entreprises favorise la perte des emplois, et cela peut arriver dès les trois premiers mois de la récession.

Il n’est pas rare que les entreprises adoptent une stratégie plus défensive en situation de crise. Généralement, elles arrivent difficilement à maintenir le personnel et sont en parallèle contraintes de freiner le recrutement. Et dans le pire des cas, la récession entraine une hausse massive de licenciement dès son commencement.

Dans le cadre des récessions, les entreprises sont également réticentes à investir sur le long terme. Une décision qui semble logique au premier abord puisque la contraction économique est un cas généralisé, traduit par la baisse de la consommation des ménages et la perte des revenus. Rester sur une chaine de production intensive serait contreproductif en raison de la baisse des demandes. Cependant, cette mesure défensive a ses points négatifs. Puisque pendant le ralentissement économique les matières premières deviennent difficilement, accessibles, elles feront faces à des retards sur le lancement des nouveaux produits et des concepts à mettre en vente.

Les répercussions de la récession sur le prix de l’immobilier

Si le prix de l’immobilier peut baisser pour plusieurs raisons, la récession peut représenter un poids de plus sur les épaules des propriétaires et faire chuter la valeur de leurs biens. Par le passé, une crise financière a eu lieu donnant suite à une bulle immobilière vouée à éclater en raison d’un nombre excessif de logements neufs associé à une politique de crédit particulièrement excessive.

La récession présente pour les propriétaires deux cas de figure. D’un côté les propriétaires de longue date qui ne constateront qu’une baisse passagère de la valeur de leur bien. De l’autre se trouve les nouveaux avec des biens en cours d’acquisition qui font face à des risques de pertes et se retrouver en situation de déficit.

Quid de la récession sur les marchés boursiers

C’est sans surprise que le ralentissement économique se ressent sur la valorisation boursière. En effet, les marchés financiers sont également affectés par la période de contraction économique, ce qui signifie que les entreprises côtés en bourses figurent parmi les principales victimes de cette crise économique plus ou moins temporaire.

Pour compenser la baisse des ventes des actions côtés, les sociétés, acteurs dans le marché des capitaux s’intéressent plus à la réduction des prix pour optimiser leurs rendements. D’ailleurs, certaines entreprises prennent des mesures plus prononcées en cédant les actifs non essentiels afin de consolider leur situation financière à la fin d’un exercice. D’autres mettent en place des solutions plus drastiques telles que le gel, l’amputation, l’abandon voire l’abandon des actionnaires en termes de versement des dividendes.

Sortir de la récession : les alternatives possibles

La récession affecte l’économie. Qu’elle soit temporaire ou durable, la contraction économique n’est pas sans conséquence sociale. Heureusement, des mesures existent pour y remédier avant de passer le cap d’une récession particulièrement forte, la dépression.
Il faut savoir qu’il existe deux écoles principales avec des approches de solution très différentes pour le traitement de la récession. Ces deux solutions sont l’approche libérale et celle dite keynésienne.

La première approche prône l’attitude passive et peu volontariste des pouvoirs publics dans la sphère économique pour rectifier le déséquilibre en cause. Opposante à l’approche libérale, la keynésienne compte sur l’intervention active des pouvoirs publics dans l’économie et la politique monétaire, et cela, par l’intermédiaire des mesures de relance par le soutien de la demande.

À titre d’exemple pour renverser le phénomène de ralentissement, le gouvernement peut adapter l’imposition. Les banques centrales pour leur part peuvent corriger le taux d’intérêt des prêts ou procéder à la fabrication des monnaies.

Se préparer à la récession : comment cela passe-t-il ?

Comme il est susmentionné, la récession est une partie intégrante du cycle économique. Les fluctuations peuvent être plus ou moins fortes, accélérer ou ralentir. En ce sens, un cycle économique normal passe généralement par une période de récession entre une croissance et une reprise.

L’idéal serait de pouvoir ralentir la survenue de cette contraction économique, voire atténuer son impact sur les acteurs économiques et assurer derrière le maintien du PIB.
Les acteurs dans l’économie (entreprises, ménages, gouvernements) peuvent commencer par réduire progressivement leurs dettes. La stabilité économique dépend notamment de la stabilité des maillons qui forment la chaine. Entre autres, éliminer les dettes permettra d’éviter l’apparition d’une situation économique délicate.

Autres points pour prévenir la récession, c’est d’optimiser le rendement économique et réduire les dépenses. Nous avons cité plus haut que pour survivre en période de récession, certaines entreprises suppriment les actifs non essentiels. Cette option peut offrir une solution permanente et à long terme pour anticiper la récession et maintenir un portefeuille équilibré. Les périodes de croissance seront plus profitables et les entreprises pourront être résistantes aux sursauts de volatilité.

Philippe

Entrepreneur dans l'âme, Philippe accompagne depuis 20 ans les entreprises dans leur développement.