Catégories Entrepreneuriat

Parachute doré : polémiques et exemples


Le « parachute doré » ou « golden parachute » n’est pas encore très bien perçu par les entreprises. Plusieurs cadres dirigeants n’ont pas encore franchi le cap de la demande de cette prime de départ. Mais qu’est exactement le parachute doré ? Quelles sont les polémiques autour du golden parachute ? Et quels sont les plus gros exemples en France ?

Parachute doré : qu’est-ce que c’est ?

Le terme « golden parachute » ou « parachute doré » désigne une somme d’argent reçue par un cadre dirigeant d’une entreprise au moment de son limogeage. Il s’agit du fait d’être désormais privé des responsabilités d’un dirigeant qui lui étaient confiées autrefois.

Ce terme est également synonyme de « prime de départ« . Elle fixe des indemnités, et est définie de manière contractuelle. Environ 80 % des cadres dirigeants d’entreprises perçoivent leur prime de départ, soit au titre d’un contrat de travail, soit au titre de leur mandat social. 

Le parachute doré peut avoir divers panneaux :

  • Exercice de stock options : il s’agit d’un droit permettant à l’ancien cadre dirigeant d’acheter des actions de l’entreprise à un tarif préalablement fixé.
  • Indemnités de départ proprement dites.
  • Retraites chapeau : il s’agit d’une retraite en plus versée par l’entreprise après votre départ en tant qu’ancien chef d’entreprise.
  • Indemnités qui correspondent à la signature d’une clause de non-concurrence.

Parachute doré : les polémiques

Une pratique controversée

Si un golden parachute est versé à un cadre dirigeant afin de le remercier pour de mauvais résultats, cette pratique est considérée comme étant une rémunération abusive. Toutefois, sachez que cette indemnité a été initialement conçue afin de protéger les chefs d’entreprise limogés, en cas de changement d’actionnaires majoritaires, par exemple.

Sachez également que le MEDEF et l’AFEP émettent des recommandations sur toute attribution de parachutes dorés. Cette indemnité n’est pas autorisée pour tout cadre dirigeant ou toute entreprise en situation d’échec. Il existe également des préconisations dans le cadre de retraite chapeau et d’indemnités de non-concurrence. 

Une pratique controversée de ces recommandations implique souvent des polémiques sur l’attribution d’un parachute doré.

L’ignorance de certaines entreprises

Plusieurs cadres dirigeants se plaignent que leur entreprise ignore la pratique du golden parachute. Un sur dix chefs d’entreprises est concerné par le parachute doré. Les entreprises n’aiment pas ce genre de négociation, à cause des sommes indécentes touchées par quelques grands patrons.

Les cadres dirigeants ne sont pas obligés de négocier pour les parachutes dorés. En effet, ils peuvent bénéficier d’une clause de non-concurrence, d’attribution d’actions gratuites, ou de stock options. Pour qu’une clause de non-concurrence soit valable, elle doit avoir une contrepartie pécuniaire avantageuse pour le salarié.

Un risque de rupture de confiance avec l’entreprise

Les polémiques sur le golden parachute stipulent également que cette pratique pourrait compromettre la relation de confiance entre l’entreprise et vous, en tant que futur collaborateur. Christiane Maréchal affirme qu’il s’agit d’une situation ironique comme quoi les fiancés prévoient les clauses de leur divorce avant de se marier.

Votre employeur peut considérer votre demande comme une sorte de manque de motivation. Nous vous conseillons de négocier autrement, face à cette polémique. Le parachute doré est un élément de la rémunération aléatoire et déportée. Nous vous conseillons de cadrer votre négociation transactionnelle sur votre rémunération brute annuelle. 

Les 10 plus gros parachutes dorés perçus en France

Le golden parachute perçu par Thierry Morin

En mars 2009, l’ex-PDG de l’équipementier automobile Valeo avait perçu un parachute doré de 3,2 millions d’euros, après vingt ans de carrière. Cette annonce avait choqué plusieurs personnes. En effet, en 2008, l’entreprise avait licencié 5000 personnes, et avait perdu 287 millions d’euros.

Face à divers scandales, Thierry Morin a renoncé à cette indemnité en 2011. Il a quand même gardé ses stock-options.

Le parachute doré perçu par Jean-Bernard Levy

En juin 2012, l’ex-PDG du groupe Vivendi a perçu un parachute doré de 3,9 millions d’euros, après avoir été licencié. Cette indemnité correspond notamment à 16 mois de salaire fixe avec des variables. 

La prime de départ perçu par Franck Esser

En 2012, l’ex-Président de SFR, Franck Esser, avait sous-estimé une arrivée dangereuse de Free pour l’entreprise. SFR a alors annoncé 850 départs volontaires. Frnak Esser a également été remercié avec un parachute doré de 3,9 millions d’euros en guise de consolation. Cette indemnité équivaut à 2 ans de rémunération et des variables. 

Le golden parachute perçu par Ben Verwaayen

Ben Verwaayen, un ex-PDG d’Alcatel-Lucent a été remercié par son employeur en 2013, après 5 années de loyaux et bons services. Il a perçu une retraite chapeau de 4,8 millions d’euros, bien que le groupe était en difficulté financière.

Le parachute doré perçu par Serge Tchuruk

En 2008, Alcatel-Lucent a annoncé un chiffre d’affaires en baisse de 5,2 %, et une perte trimestrielle d’environ 1,1 milliard d’euros. Serge Tchuruk a alors démissionné, après avoir annoncé avoir fait tout son possible pour sauver le groupe. Il était le président du conseil d’administration d’Alcatel-Lucent à l’époque. Il a ainsi empoché des indemnités crédit de 5,7 millions d’euros. 

La prime de départ de Bruno Lafont

Grâce à Bruno Lafont, la fusion entre Holcim et Lafarge a été possible. Toutefois, il va devenir le coprésident de la direction opérationnelle du groupe. Les actionnaires lui remettent une indemnité de départ de l’ordre de 5,9 millions d’euros. 

Le parachute doré perçu par Patricia Russo

Quelques mois après le départ de Serge Tchuruk, Patricia Russo, l’ex-directrice générale d’Alcatel-Lucent a également démissionné en juillet 2008. Elle a perçu un parachute doré de 6 millions d’euros. Arès une annonce de 12 500 licenciements, cette prime a été annoncée officiellement au public.

Le golden parachute de Noel Forgeard

Écarté par le groupe d’aéronautique EADS, l’ex-coprésident Noel Forgeard a perçu une prime de départ de 8,5 millions d’euros. Toutefois, il est épinglé par la justice, concernant cette indemnité.

La prime de départ d’Antoine Zacharias

En étant le patron le plus rémunéré en France depuis des années, Antoine Zacharias a démissionné en 2007. Vinci lui a offert une retraite de 2,5 millions d’euros par an, des plus-values et des jetons de présence sur 12 millions d’actions. En 2012, la justice l’a condamné à une amende de 375.000 euros. 

Le parachute doré perçu par Michel Combes

Michel Combes, l’ancien directeur général d’Alcatel-Lucent a quitté le groupe en septembre 2015. Il a ainsi perçu 13,7 millions d’euros répartis en 3 ans. Les syndicats sont choqués par cette indemnité.