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Arnaque sur Skype, Hangouts, Facebook… via webcam, que faire ?


Pour être performante, votre entreprise doit travailler et soigner son e-réputation. Outre la qualité de vos produits et celles de vos services (livraison, SAV, support client, etc.), vous devez accorder une importance particulière à votre image. Contrairement aux idées reçues, les arnaques à la webcam sur des plateformes telles que Skype, Hangouts ou Facebook ne concernent pas essentiellement les jeunes de 15 à 25 ans. Les escrocs, également connus sous l’appellation brouteurs, spécialisés dans ce type de chantage s’intéressent également aux adultes et aux entrepreneurs. Dans le cas où vous êtes chef d’entreprise et que vous faites régulièrement appel à des logiciels de visioconférence (Skype, Hangouts, etc.), des réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter, etc.) ou des sites de rencontre, vous vous exposez à des risques plus ou moins élevés d’arnaque à la webcam. Pour éviter de compromettre votre e-réputation, votre carrière d’entrepreneur et de menacer l’existence de votre entreprise, il est important de prendre certaines précautions.

L’arnaque à la vidéo webcam : c’est quoi ?

Grâce à internet, nous pouvons désormais faire nos achats, trouver l’âme sœur, trouver un travail, discuter avec nos proches, nos collaborateurs et les membres de notre famille en seulement quelques clics. Si, actuellement, le web est un élément incontournable de notre quotidien en raison des nombreuses possibilités qu’il nous offre, il est également devenu un terrain très prisé des escrocs désireux d’amasser une grande quantité d’argent grâce à la sextorsion.

La sextorsion, ou arnaque à la vidéo webcam, a vu le jour en 2009 avec la multiplication des sites de rencontre, des logiciels de visioconférence comme Skype ou Hangouts et des réseaux sociaux (Instagram, Facebook, Twitter, etc.). C’est une technique qui consiste à récupérer des informations confidentielles et à enregistrer des vidéos ou des photos compromettantes réalisées par la victime à partir d’une webcam, pour ensuite l’obliger à payer une certaine somme d’argent en échange de la non-divulgation des contenus. Les rançons demandées par les extorqueurs peuvent aller jusqu’à plus de 5 000 €.

En France, les principales cibles des arnaques à la vidéo webcam sont les jeunes de 15 à 18 ans et ceux de 18 à 25 ans. Toutefois, les escrocs peuvent aussi s’attaquer aux plus de 25 ans et aux entrepreneurs. De manière générale, un entrepreneur dispose d’une plus importante somme d’argent qu’un adolescent.

Par ailleurs, il est plus enclin à verser les rançons imposées par les escrocs, en raison des impacts particulièrement néfastes que la divulgation des contenus (vidéo, photo, etc.) peut avoir sur son image, son entreprise et sa carrière.

À titre d’information, brouteur est un mot qui désigne les escrocs opérant depuis la Côte d’Ivoire. Cette dernière est connue comme la plateforme tournante des escroqueries réalisées sur internet, depuis 2009. Toutefois, il faut savoir que la Côte d’Ivoire n’est plus le seul « paradis » des spécialistes de l’arnaque à la webcam. Ce type de chantage peut également être mis en place par des cybercriminels basés dans des pays tels que le Mali, le Nigéria, les Philippines ou le Maroc.

En France, on recense près de 1 200 cas d’arnaques à la vidéo webcam chaque année et, dans de nombreux cas, les victimes décident de mettre fin à leur jour pour se dégager de l’emprise des escrocs. Le nombre de suicides est particulièrement élevé chez les jeunes.

Les principales méthodes utilisées par les escrocs

Pour obtenir des informations confidentielles, une vidéo ou une photo de leurs victimes, les escrocs spécialisés dans l’arnaque à la webcam peuvent utiliser différentes techniques, plus ou moins efficaces. Parmi les méthodes les plus courantes, on peut citer celle consistant à utiliser les sites de rencontre, le hacking de webcam et des mails.

La méthode des sites de rencontre

La méthode des sites de rencontre est sans aucun doute la plus répandue et une des plus destructrices. Dans le cas où vous comptez parmi ces jeunes entrepreneurs en quête de l’âme sœur sur des plateformes telles que Badoo ou Meetic, sachez que vous vous exposez à d’importants risques d’arnaque à la webcam.

La technique consistant à utiliser les sites de rencontre est particulièrement aisée à mettre en œuvre et a un taux de réussite élevé. Dans un premier temps, le cybercriminel vous envoie une demande d’ajout à partir d’un compte « fake ». Pour vous encourager à accepter sa demande et à vous lancer dans des conversations, il va utiliser la photo d’une femme particulièrement attirante sur le profil de son compte et, bien entendu, un autre nom.

Une fois l’ajout effectué, l’escroc va essayer d’établir une relation de confiance avec vous et vous inviter à rejoindre une autre plateforme telle que Skype ou Facebook, afin de se dégager des contraintes liées aux partages de photos et de vidéos sur les sites de rencontre.

Si vous acceptez de changer de plateforme, il va passer à la prochaine phase de son plan à savoir, se rapprocher davantage de vous afin de vous inciter à l’envoyer une photo ou une vidéo de vous dénudé. Dans le cas où vous acceptez sa demande, il peut se lancer dans la dernière étape de l’arnaque : le chantage.

Après avoir reçu votre photo ou votre vidéo, l’escroc va vous informer qu’il a en sa possession des contenus compromettants qu’il peut diffuser sur internet si vous ne payez pas une certaine somme d’argent. Dans le cas où il connaît des membres de votre famille ou les comptes des partenaires de votre entreprise, il peut également vous menacer d’envoyer votre photo ou votre vidéo vers ceux-ci, afin de vous obliger à verser la rançon.

La méthode du hacking de webcam

Bien moins aisée à mettre en place que la méthode des sites de rencontre, la technique du hacking de webcam a toutefois un taux de réussite élevé.

En règle générale, elle est mise en place par des escrocs possédant des connaissances approfondies en informatique, dans la mesure où elle nécessite l’élaboration d’un programme permettant d’accéder à la webcam de votre ordinateur ou à la caméra de votre smartphone.

Pour installer le programme sur votre appareil, les brouteurs diffusent des liens sur internet. Une fois que vous aurez cliqué sur un de ces liens, votre appareil va télécharger et installer automatiquement le malware. Ceci fait, ils auront accès à votre webcam, mais également à l’ensemble des contenus de votre smartphone ou de votre ordinateur.

Après avoir récupéré des photos et/ou des vidéos prises à partir de votre caméra, ils vont ensuite vous contacter et vous obliger à payer une importante somme d’argent en échange de la non-divulgation des contenus sur internet.

La méthode des mails

La méthode des mails est bien moins utilisée par les escrocs que celle des sites de rencontre et la technique du hacking de webcam, en raison de son taux de réussite relativement bas. Néanmoins, il est préférable de connaître les démarches effectuées par les cybercriminels pour éviter les pièges qu’ils peuvent vous tendre.

Dans la majorité des cas, les brouteurs utilisent leurs talents de « bluffeur » pour atteindre leur objectif à savoir, vous obliger à payer une rançon de plusieurs milliers d’euros.

En premier lieu, ils se rendent sur le dark net pour se procurer des mots de passe dits « leaker ». Ces derniers sont récupérés par les hackers, le plus souvent après une attaque informatique sur des plateformes comme Facebook ou Instagram, et publiés sur le web profond.

Une fois votre mot de passe en leur possession, les escrocs vont vous envoyer un mail dans lequel ils vont mettre cette information confidentielle en exergue, expliquer qu’ils ont accès à votre webcam, affirmer qu’ils ont une vidéo ou une photo compromettante et demander une certaine somme d’argent.

Dans de nombreux cas, les cybercriminels utilisant cette technique n’ont aucune vidéo ni photo de vous pouvant être diffusée sur internet.

Par ailleurs, le mot de passe inscrit dans leur mail peut être faux si vous l’avez changé récemment, dans la mesure où il date de la brèche de sécurité subie par la plateforme que vous fréquentez (Facebook, Twitter, etc.).

En d’autres termes, il vous suffit de ne pas répondre à ces types de courriels et de les envoyer rapidement dans votre corbeille, pour vous dégager de l’emprise des escrocs.

Lien de la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=r9jvKZwrm0g

Les premières mesures à prendre en cas d’arnaque à la webcam

Si vous êtes victime d’une arnaque à la webcam, vous devez adopter quelques bons réflexes pour vous protéger.

En premier lieu, coupez tout contact avec l’escroc. Ensuite, ne cédez pas à son chantage. En effet, payer la rançon ne vous permettra aucunement de régler votre problème et de vous dégager de l’emprise du cybercriminel. Au contraire, cela pourrait l’encourager à vous demander davantage d’argent. Si vous avez déjà effectué un transfert, essayez de l’annuler.

Une fois que vous aurez arrêté toute communication avec l’escroc et bloqué toute possibilité de transfert d’argent vers celui-ci, vous devez dresser l’inventaire des informations qui pourraient être en sa possession et déterminer s’il dispose de données complètes concernant votre identité et votre entreprise.

Pour finir, déterminez les données auxquelles il peut accéder en utilisant ces informations sur Google, et s’il a cité quelques-uns de vos contacts sur des réseaux sociaux tels que Facebook ou LinkedIn.

Il est important de noter que les risques peuvent être plus ou moins élevés, en fonction de la quantité d’informations auxquelles les escrocs ont accès. Outre les données relatives à votre entreprise, votre nom et votre prénom, votre adresse, votre numéro de téléphone, votre compte Facebook et votre compte LinkedIn sont des informations qui peuvent être utilisées par les cybercriminels pour exercer des représailles.

Selon les données que les escrocs peuvent exploiter et les chances de réussite de leur plan, la durée d’un chantage peut aller de quelques heures à plusieurs mois. Si vous êtes un professionnel intervenant le domaine de la santé, sachez que les cybercriminels peuvent accéder rapidement à vos données personnelles (nom, prénom, adresse, etc.), en faisant de simples recherches sur internet.

Est-ce que les escrocs diffusent réellement les photos et les vidéos ?

Dans de nombreux forums, les utilisateurs affirment que les escrocs ne mettent jamais leurs menaces à exécution. Certes, pour un cybercriminel optant pour la méthode des mails, il serait particulièrement ardu de diffuser une quelconque vidéo ou une photo, dans la mesure où il met essentiellement ses talents de « bluffeur » en œuvre. Néanmoins, il faut savoir que des centaines de contenus compromettants sont diffusés quotidiennement sur différentes plateformes : Facebook, YouTube, Vimeo, Dailymotion, etc.

Si vous estimez que l’auteur du chantage dispose réellement d’une photo ou d’une vidéo pouvant avoir de mauvaises répercussions sur votre e-réputation, les risques de partage sur les réseaux sociaux ou sur des sites d’hébergement de vidéos sont élevés. Hormis les mesures d’urgence telles que l’arrêt de toute communication avec le ou les escrocs, vous devez prendre certaines précautions pour réduire la visibilité des éventuels contenus publiés sur internet et protéger votre e-réputation.

Les mesures à prendre pour éviter les impacts des contenus diffusés sur internet

Vous êtes victime d’une arnaque à la webcam et vous craignez que les escrocs passent à l’acte en diffusant une vidéo ou une photo compromettante ? Nous vous conseillons, dans un premier temps, de déposer une plainte.

Bien que les autorités ne prennent pas toujours en considération les plaintes des victimes, en raison des nombreux cas d’arnaques à la webcam en France, il est préférable de les informer rapidement votre situation. Vous pouvez aussi déposer une main courante qui pourrait servir de preuve.

À noter qu’il est possible de prendre des captures d’écran des discussions que vous avez eues avec les escrocs et les présenter à la police lors du dépôt de votre plainte ou de la main courante. Quel que soit le type de vidéo ou de photo pouvant être diffusé sur internet et les faits que les escrocs pourraient vous accuser, vous serez toujours considéré comme la victime devant les autorités.

Après cette première étape, nous vous recommandons de surveiller internet et les plateformes susceptibles d’accueillir la vidéo ou la photo, pour pouvoir procéder à des suppressions dans les plus brefs délais.

Pendant les semaines qui suivent le début du chantage, lancez régulièrement des recherches sur des sites tels que YouTube ou Dailymotion, mais aussi sur Google. Surveillez également les activités sur les réseaux sociaux, afin de détecter rapidement les publications de contenus qui peuvent vous porter préjudice.

Il faut savoir que les escrocs peuvent partager directement votre photo ou votre vidéo sur les plateformes comme Facebook, LinkedIn ou Instagram pour qu’elle puisse être visionnée rapidement par vos proches, vos collaborateurs ou vos partenaires. Dans le cas où ils ne connaissent pas les contacts de votre entourage sur les réseaux sociaux, ils peuvent opter pour des diffusions sur des sites pornographiques et/ou sur des sites d’hébergement de vidéos ou de photos.

Dès que vous remarquez un contenu qui pourrait avoir de mauvaises répercussions sur votre e-réputation, signalez-le au support du site et demandez une suppression immédiate.

Pour information, les vidéos à caractère pornographique sont généralement supprimées rapidement sur les sites n’autorisant pas la diffusion de ce type de contenu. Cependant, sur les plateformes pour adultes, elles peuvent rester indéfiniment à la disposition des utilisateurs, si elles ne sont pas signalées.

Les mails « fake » provenant de YouTube ou de Dailymotion

Dans l’optique de renforcer leur emprise sur vous et vous forcer à payer une rançon, les escrocs vous envoient souvent des mails « fake » après la diffusion de votre vidéo sur Dailymotion ou YouTube. Dans le courriel, ils se font passer pour les services de ces deux plateformes et vous notifient que le ou les contenus dans lesquels vous figurez constituent des infractions aux règlements. Ils vont ensuite demander leur suppression dans les plus brefs délais, sous peine d’amende ou de poursuites judiciaires.

Face à ces mails, l’erreur à ne pas commettre est de céder au chantage en versant la somme d’argent attendue par les arnaqueurs et d’espérer que ceux-ci vont arrêter de vous importuner. D’une part, vous perdrez une importante somme d’argent et, d’autre part, ils verront en vous une personne facile à manipuler et continueront à vous demander des rançons.

Afin de montrer aux escrocs que vous connaissez parfaitement le fonctionnement de YouTube et de Dailymotion, nous vous conseillons de vous rendre directement sur ces plateformes pour repérer les vidéos compromettantes et demander leur suppression, en contactant les supports.

À noter que YouTube, Dailymotion, la Police du web, Interpol et la Gendarmerie nationale ne vous contacteront jamais par e-mail pour demander la suppression ou des explications sur une vidéo ou une photo.

La sécurisation du compte Facebook : un indispensable

Les représailles sur Facebook peuvent avoir des impacts particulièrement importants sur votre e-réputation. Dès les premières heures suivant le début du chantage, nous vous conseillons donc de renforcer la protection de votre compte.

Tout d’abord, bloquer le ou les profils des escrocs et changer votre mot de passe. Ensuite, rendez votre liste d’amis non publique et vos publications, visibles essentiellement par vos contacts.

Pour finir, cachez toutes les informations pouvant être exploitées par les arnaqueurs (adresse, ville, numéro de téléphone, etc.) et changez vos photos de profil et de couverture.

Hormis votre compte Facebook, protégez votre compte LinkedIn pour éviter toutes représailles sur cette plateforme. Changez votre mot de passe et, dans la limite du possible, cachez les informations sensibles.

Vidéo : La sextorsion, le chantage qui détruit des vies

Les représailles les plus fréquentes dans les arnaques à la webcam

En fonction des contenus et des informations en leur possession, les escrocs spécialisés dans les arnaques à la vidéo webcam peuvent exercer des représailles plus ou moins agressives.

Ils peuvent diffuser des photos ou des vidéos avec des propos diffamants (pédophilie, etc.), contacter les membres de votre équipe sur leur lieu de travail ou publier des contenus compromettant sur la page Facebook et LinkedIn de votre entreprise.

Ils peuvent également diffuser des vidéos sur YouTube, Vimeo, Dailymotion, sur des plateformes pour adultes ou sur des blogs inscrits à votre nom.