Entrepreneuriat

Qu’est-ce que le seuil de rentabilité ?

Par Marc , le 8 juillet 2021 — 7 minutes de lecture
Calcul du seuil de rentabilité

Pour un excellent pilotage de son activité, une entreprise doit veiller à déterminer à quel moment elle commence à réaliser des bénéfices. L’analyse de cet indicateur, qui est le seuil de rentabilité peut se faire au moment de la création de l’entreprise ou lors de l’élaboration du business plan du projet ou également à l’occasion de certaines opérations particulières de l’entreprise.

Ce guide va établir les points essentiels qu’il faut savoir sur le seuil de rentabilité et sur comment se fait son calcul.

Le seuil de rentabilité : ce qu’il faut savoir

Le seuil de rentabilité correspond à un chiffre d’affaires en dessous duquel une entreprise ne peut plus couvrir l’ensemble de ses dépenses ni bénéficier d’une marge nette. En d’autres termes, c’est l’objectif minimum en termes de chiffre d’affaires à atteindre pour créer de la valeur.

Le seuil de rentabilité exprimé en chiffres d’affaires ou en nombre de ventes effectuées représente le montant plancher à réaliser pour que l’entreprise ait un résultat positif.

À défaut, l’activité de la société est dite déficitaire puisqu’elle dégage un résultat négatif et ne parvient pas à s’auto financer.

Le seuil de rentabilité permet également à l’entreprise d’identifier le point mort qui est traduit en nombre de jours. C’est la période au cours de laquelle l’entreprise réalise un équilibre ou dégage un résultat égal à zéro (cumul des charges = cumul des produits).

Quelle est l’utilité du seuil de rentabilité ?

Le seuil de rentabilité constitue un indicateur financier permettant de définir l’objectif prévisionnel à atteindre d’une entreprise sur une période donnée. Sa qualité de bénéficiaire y est étroitement liée. Pour atteindre cet objectif, l’entreprise doit adopter des plans stratégiques économiques et commerciaux appropriés.

Chaque modification apportée au cours de l’exploitation de l’activité impacte directement le seuil de rentabilité de l’entreprise. Par ailleurs, pour une entreprise en cours de création ou en reprise d’exploitation, l’entrepreneur doit tenir compte de cet indicateur et agir en conséquence.

De quelle manière calculer le seuil de rentabilité ?

Le seuil de rentabilité peut être déterminé à partir des données (notamment les charges fixes et variables) du tableau des SIG (soldes intermédiaires de gestion), d’une balance comptable ou depuis le compte de résultat annuel.

Première méthode pour faire le calcul du seuil de rentabilité

Comme nous l’avons cité plus haut, pour qu’une entreprise réalise un bénéfice, elle doit parvenir à couvrir la totalité des charges supportées au titre de son activité. En termes plus simples, elle doit constater un équilibre entre le chiffre d’affaires réalisé et les charges engagées (variables et fixes).

La formule se traduit par : Chiffre d’affaires = charges variables + charges fixes

La différence des deux notions dont les charges variables et les charges fixes engagées se présentent comme suit :

  • Les charges variables (charges opérationnelles) correspondent aux coûts dégagés en fonction de l’évolution de l’activité et de façon proportionnelle (coût de production, prix de revient du service ou produit vendu, coût de matière première, etc.)
  • Les charges fixes ou les charges structures constituent des coûts inhérents au fonctionnement de l’entreprise et cela indépendamment du chiffre d’affaires réalisé (loyer, abonnement téléphone, assurance, honoraires de l’expert-comptable, etc.)

Deuxième méthode pour faire le calcul du seuil de rentabilité

Les charges variables sont des charges intrinsèquement liées au chiffre d’affaires réalisé. Une entreprise peut donc déterminer son seuil de rentabilité en utilisant cesdites charges, et en les déduisant du chiffre d’affaires dégagé au cours de l’exercice et non à partir de la somme des charges supportées comme avec la première méthode.

La formule du seuil de rentabilité ici part de la déduction du chiffre d’affaires réalisé par les charges variables afin d’obtenir la marge sur coût variable :

Chiffre d’affaires (CA) – Charges variables (CV) = Marge sur coût variable (MSCV)

De là, dès lors que la marge sur coût variable et les charges fixes s’annulent, le seuil de chiffre d’affaires minimum est atteint.

Autre méthode pour définir le seuil de rentabilité

Un entrepreneur peut déterminer son seuil de rentabilité lors de l’élaboration de ses prévisionnels financiers dans le business plan. L’objectif étant de trouver le montant de chiffre d’affaires minima, ce dernier peut définir le seuil de rentabilité en utilisant le prix de revient du produit ou le prix de vente unitaire.

Les notions techniques que nous allons utiliser :

  1. Chiffre d’affaires = CA
  2. Charges variables = CV
  3. Marge sur coût variable = MSCV
  4. Charges fixes = CF
  5. Seuil de rentabilité = SR
  6. Taux de marge sur coût variable = TMCV

La formule finale du seuil de rentabilité est exprimée par :

SR = Charges fixes/Taux de marge sur coût variable 

Où le taux de marge sur coût variable est traduit par

TMCV = Marge sur coût variable [(CA) – (CV)]/100

Le seuil de rentabilité illustré par des données chiffrées

À l’ouverture de sa pâtisserie, un pâtissier n’arrive pas à se décider entre vendre des cupcakes ou des brownies dans sa pâtisserie.

Il a procédé en distinguant ses charges fixes de ses charges variables. À l’issu de son inventaire, il a trouvé qu’il dépense 1,50 euro de charges variables pour réaliser un cupcake et 1,30 euro pour des brownies. Il vend les cupcakes à un prix unitaire 2,70 euros et 2,30 euros pour les brownies. Au cours de l’année, la pâtisserie dépense des charges fixes de 1895 euros hors taxe.

Le pâtissier porte ensuite ses données dans un tableau nommé compte de résultat différentiel :

Libellés Coût brownies Montant brownies CA en % brownies Coût cupcakes Montant cupcakes CA en % cupcakes
CA HT

2,30

100 % 2,70

100 %

(-) CV

– 1,30

– 1,50

(=) MCV

2

86,96 % 1,2

44,44 %

(-) CF

– 1895

– 1895

(=) SR

2179,25

4263,75

Soit le pâtissier, dégage une marge sur coût variable de 2 euros par brownies (2,30 € – 1,30 €), avec un taux de marge sur coût variable de 86,96 % (2 €/2,30 €) ; et 1,2 € de MCV par cupcake en plus d’un taux de 44,44 %.

Le seuil de rentabilité pour les brownies est alors de 1895 €/86,96 % = 2179,25 euros et 4263,75 euros pour les cupcakes.

Le pâtissier doit alors produire 947 brownies (2179,25 €/2 €) contre 1579 cupcakes s’il veut atteindre le seuil de rentabilité de son chiffre d’affaires. Il estime que les brownies sont plus rentables que les cupcakes pour son affaire.

Différence : le point mort et le seuil de rentabilité

Le point mort ainsi que le seuil de rentabilité sont (02) deux indicateurs financiers intimement liés. Le seuil de rentabilité répond à la somme de chiffre d’affaires plancher à réaliser dans le cadre de l’exercice de l’activité, et le point mort représente la période au cours de laquelle le seuil est atteint est devient rentable.

Point Mort (traduit en nombre de jours) = (Seuil de rentabilité x 360)/Chiffre d’affaires annuel

Marc

Marc est un nomade digital qui vit de la monétisation de ses sites internet, notamment via l'affiliation et le dropshipping. Il vient régulièrement proposer des contenus toujours aussi pertinents aux lecteurs de 7-Dragons.